Génocide des Hereros et des Namas en Namibie.

Le 28 mai 2025, la République de Namibie a officiellement instauré une journée nationale du souvenir. Elle est dédiée aux victimes du génocide perpétré par l’Empire allemand entre 1904 et 1908. Cela s’est produit durant sa période coloniale dans l’actuelle Namibie, alors connue sous le nom de Sud-Ouest africain allemand. Contexte historique du génocide Le…

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Le 28 mai 2025, la République de Namibie a officiellement instauré une journée nationale du souvenir. Elle est dédiée aux victimes du génocide perpétré par l’Empire allemand entre 1904 et 1908. Cela s’est produit durant sa période coloniale dans l’actuelle Namibie, alors connue sous le nom de Sud-Ouest africain allemand.


Contexte historique du génocide

Le génocide visait principalement les peuples Herero et Nama, deux groupes ethniques qui s’étaient soulevés contre l’occupation coloniale allemande. En janvier 1904, les Herero, excédés par les expropriations, les violences et les humiliations, prennent les armes pour résister à l’oppression. Quelques mois plus tard, les Nama se joignent à la révolte.

En réponse, le régime impérial allemand envoie une force expéditionnaire. Elle est dirigée par le général Lothar von Trotha. C’est un militaire brutal et partisan de la répression totale.


Un ordre d’extermination explicite

Le 2 octobre 1904, von Trotha publie un ordre sans équivoque, connu sous le nom de « Vernichtungsbefehl » (ordre d’extermination) :

« Tout Herero, armé ou non, trouvé à l’intérieur des frontières allemandes sera abattu. »

Cet ordre officialise une campagne de nettoyage ethnique visant à anéantir les Herero, considérés comme ennemis de l’Empire.


Les méthodes d’extermination

  • Massacres de masse : Les troupes allemandes encerclent les Herero près du désert d’Omaheke et les empêchent d’accéder à l’eau, provoquant une mort massive par soif et épuisement.
  • Empoisonnement des puits : Les sources d’eau sont contaminées pour empêcher les survivants de se ravitailler.
  • Camps de concentration : Les survivants capturés sont envoyés dans des camps, notamment sur l’île de Shark et à Lüderitz.
    • Dans ces camps, les détenus subissent :
      • Des travaux forcés épuisants
      • Des expérimentations médicales
      • Des violences sexuelles, la famine, et un taux de mortalité extrêmement élevé.

Un génocide reconnu

Les estimations font état de 65 000 Herero morts (sur une population d’environ 80 000) et 10 000 Nama. Ce drame humain est aujourd’hui reconnu comme le premier génocide du XXe siècle. C’est un prélude tragique aux horreurs qui marqueront les décennies suivantes.


Reconnaissance tardive de l’Allemagne

Il faudra attendre mai 2021 pour que l’Allemagne, après de longues négociations, reconnaisse officiellement sa responsabilité historique dans ce génocide.

Cependant :

  • L’accord signé propose 1,1 milliard d’euros d’aide au développement sur 30 ans, sans indemnisation directe aux familles des victimes.
  • Les descendants Herero et Nama jugent ce geste insuffisant :
    • Ils réclament des excuses officielles au nom de l’État allemand
    • Ils demandent des réparations financières directes
    • Ils dénoncent le fait que l’accord ait été conclu sans leur pleine consultation, marginalisant les principales communautés concernées.

Un devoir de mémoire

L’instauration, en 2025, de cette journée nationale du souvenir en Namibie représente :

  • Un acte symbolique fort de reconnaissance des souffrances historiques
  • Une tentative de réconciliation avec le passé colonial
  • Une invitation à l’Allemagne et à la communauté internationale à aller plus loin dans la justice réparatrice

Cette commémoration aide à rendre visible une tragédie souvent ignorée dans les récits historiques mondiaux. Elle rappelle l’importance de la mémoire, de la justice et de la vérité dans la construction d’un avenir commun.

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