En 2022, une statue présentant une femme noire est inaugurée à Buenos Aires: María Remedios del Valle. En 2023, son visage rejoint celui de Manuel Belgrano sur les billets de 500 pesos. Mais qui était-elle? María Remedios del Valle est bien plus qu’une héroïne de guerre. Elle est un symbole de résilience. Elle incarne aussi la lutte pour la justice sociale. Son histoire, longtemps méconnue, inspire aujourd’hui des milliers de personnes.

Une jeunesse marquée par la résilience
María Remedios del Valle est née à Buenos Aires entre 1766 et 1767. C’était à une époque où l’Argentine était encore sous domination espagnole. Issue d’une famille afrodescendante, elle grandit dans une société marquée par les inégalités raciales et sociales. Dès son plus jeune âge, elle travaille comme cuisinière, l’un des rares métiers accessibles aux femmes noires de son époque. Parallèlement, elle acquiert des compétences en soins infirmiers, une expérience qui lui sera précieuse lorsqu’elle s’engagera dans la guerre d’indépendance.

L’engagement militaire : une héroïne de la guerre d’indépendance
La guerre d’indépendance argentine éclate en 1810. María Remedios del Valle décide de rejoindre les troupes révolutionnaires avec sa famille. Elle est initialement cantonnée à un rôle d’infirmière. Toutefois, elle fait preuve d’un courage exceptionnel. Cela lui vaut d’être remarquée par le commandant Manuel Belgrano.
Elle participe aux batailles de Tucumán et de Salta en 1812 et 1813. Son dévouement et sa bravoure la distinguent. Belgrano, impressionné par son engagement, la nomme capitaine de l’armée du Nord. Elle s’illustre également dans les batailles de Vilcapugio et Ayohúma, où elle est blessée et capturée par les royalistes.
Pendant sa captivité, elle est fouettée publiquement pendant neuf jours pour avoir aidé des officiers patriotes à s’échapper. Malgré les tortures, elle refuse de renoncer à son engagement envers la liberté de son pays. Son courage exemplaire lui vaut le surnom de « Mère de la Patrie ».
Sacrifices et injustices : l’oubli d’une héroïne
Après la guerre, María Remedios del Valle retourne à Buenos Aires. Elle est confrontée à l’oubli. Elle fait face à la pauvreté. Elle dépose une demande de pension en 1826. Elle explique les sacrifices qu’elle a consentis. Elle a perdu son mari et ses fils au combat. Elle a subi des blessures de guerre. Elle a consacré plusieurs années de service militaire. Pourtant, sa requête est rejetée, et elle se retrouve réduite à la mendicité dans les rues de Buenos Aires.
C’est grâce à l’intervention du général Juan José Viamonte, un ancien camarade d’armes, que sa situation change. Il est touché par sa misère. Il plaide sa cause auprès des autorités. Elles finissent par lui accorder une pension et la reconnaissance de son statut militaire. En 1829, elle est promue sergente major de la cavalerie de l’État-major.
Un hommage tardif mais mérité
María Remedios del Valle s’éteint le 8 novembre 1847. Pendant des décennies, son rôle dans l’indépendance de l’Argentine reste largement ignoré. Ce n’est qu’au XXIe siècle que les historiens et militants commencent à redécouvrir son histoire. En 2013, l’Argentine prend la décision d’honorer sa mémoire. Elle proclame le 8 novembre comme le « Jour National des Afro-Argentins ». Ce jour est aussi dédié à la « Culture Africaine ».

De plus, en 2022, une statue est inaugurée à son effigie dans le quartier de Constitución à Buenos Aires. En 2023, son portrait est ajouté aux billets de 500 pesos. Il figure aux côtés de Manuel Belgrano. Cela reconnaît son rôle fondamental dans l’histoire de l’Argentine.
Une inspiration pour l’avenir
L’héritage de María Remedios del Valle dépasse son rôle militaire. Elle est un symbole de résilience et de justice sociale. Elle rappelle l’apport crucial des Afro-Argentins à la construction de la nation. Son histoire, longtemps méconnue, inspire aujourd’hui les nouvelles générations à reconnaître et à célébrer les héros oubliés de l’histoire.

Laisser un commentaire